Veille champêtre

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2 novembre 2012 par qagren

La noyade est un leitmotiv depuis le début du MOOC ITyPA. Je n’y ai pas échappé. Voici les impressions d’un MOOCsquetaire qui a bu la tasse et qui espère à l’avenir garder la tête hors de l’eau. La baignade s’arrête là, partons à la campagne…

La richesse d’un MOOC connectiviste réside pour une grande part dans le contenu produit par ses participants. ITyPA n’est pas un rivière à laquelle on s’abreuve, mais plutôt un champ bien fleuri à partir duquel chacun doit constituer son bouquet. Mais par où commencer la cueillette ? Il est tentant de parcourir le champ de long en large, pour être sûr d’y repérer les plus jolies fleurs. Mais le temps est compté. La terre est fertile et chaque jour voit une nouvelle floraison. On comprend en l’espace d’un soupir que cette stratégie, pour plaisante et rassurante qu’elle soit, n’est pas envisageable… Suspendons la métaphore.
Durant les premiers jours du MOOC, j’ai vraiment vécu l’abondance et la dispersion de l’information comme des facteurs de stress. Au départ, il y a un désir très scolaire de bien faire son travail. La première envie est de se lancer dans une revue méthodique et régulière du contenu produit. Au bout, il y a la promesse d’une tranquillité d’esprit que procure le travail exhaustif. Hélas, vu l’abondance du contenu engendré chaque semaine, il faut y renoncer. Mais de quelle façon ?

Au départ j’ai ressenti la sensation désagréable d’être fortement exposé au hasard dans mon travail. Que mon avancée dépendrait de l’aléa des articles rencontrés. Qu’elle ne serait pas choisie mais opportuniste. Et j’ai vu poindre des tergiversations pénibles.

« Ce billet a l’air intéressant. Mais ne devrais-je pas continuer à chercher sans trop m’y attarder ? Peut-être que je vais en trouver un qui m’intéresse davantage ? Oui mais en même temps, si je ne fais que survoler, je ne tirerai rien de cette séance de veille… »

Ces petits achoppements réguliers sont très inconfortables, et l’horloge tournant, le rythme cardiaque s’accélère. Aux charmes de la sérendipité, je préférerais la tranquillité d’esprit que procure un choix rationnel. Mais la donne est bien trop importante pour espérer avoir toutes les cartes en main.
Retour aux champs. C’est décevant de se limiter aux fleurs poussant autour du lieu où l’on se trouve un peu par hasard pour composer son bouquet. Il en pousse certainement de très jolies un peu plus loin. Je cueille ? Je vais faire un tour et je reviens ? Il faut faire vite, le soleil va se coucher et demain bien d’autres auront éclos.
Pour rendre la situation plus confortable, j’ai décidé qu’il fallait prendre le temps de réfléchir avec soin à mes objectifs d’apprentissage. Et les formuler, en ne cédant pas à la tentation du flou artistique. Je veux dire par là que des objectifs trop généraux, même s’ils sont enthousiasmants, ne font que remettre à plus tard les tergiversations. Enoncer des questions précises auxquelles on espère que la veille apportera des réponses, c’est faire un choix en amont pour s’épargner trop de délibérations particulières. Voici un exemple concret lié à mes objectifs d’apprentissages hors du cadre d’ITyPA : « Comment garde-t-on trace de ma navigation sur internet ? Comment et à quelles fins sont utilisées ces traces ? Qui en bénéficie ? Quels son mes droits ? »

Dans quels tons je le veux, mon bouquet ? Quelles couleurs me plaisent ? Bleu ? Rouge ? Ce sera bleu. Voilà déjà qui m’aidera à choisir.

Ensuite, j’ai essayé de définir différents moments. Pour chacun, j’ai clairement en tête ce que je fais, et surtout ce que je ne fais pas. Un premier temps consiste à passer en revue très superficiellement les ressources captées par mon dispositif de veille. Lire la dernière newsletter ITyPA, survoler les titres des nouveaux billets dans Google Reader… Etre attentif pendant ce temps aux élans de ma curiosité, en me gardant bien d’y céder. Lire, ce sera pour plus tard. A partir de cette vision globale du contenu, je peux effectuer un choix. L’objet de mon attention ne me sera pas soumis par le hasard. Ma raison a eu son mot à dire, ma conscience est satisfaite. Je peux alors passer, l’esprit léger, au moment de la lecture. Puis à celui de l’annotation et de l’archivage.

D’abord une promenade aux alentours de l’endroit où je me trouve. Je regarde les fleurs sans y toucher, attentif à mes émotions. Quand la promenade a assez duré, je reviens sur mes pas et cueille avec plaisir les fleurs qui m’ont ému.

Mais le plus important je crois, c’est de se rappeler que l’activité de veille se justifie par les productions qu’elle permet. Peu importe de n’avoir pas tout lu, de m’être laissé absorber plus que de raison, de m’être égaré. Si j’ai produit, j’ai appris. Et ajouté une fleur de plus au paysage.

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